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Visite : Centre de tri et d'incinération Astria

9 avril 2019

Le mercredi 3 avril, pour les participant·e·s au Défi Zéro Déchet des Pros, c’était le jour de la visite du Centre de tri et d’incinération Astria à Bègles. A deux pas du centre commercial Rives d’Arcins, cet établissement du groupe Suez traite et valorise les déchets collectés sur Bordeaux Métropole et quelques autres collectivités du département depuis 1998.

Notre arrivée sur les lieux


Une fois montées les quelques dizaines de marches qui séparent le parking de l’entrée des lieux, nous sommes accueilli·e·s par Stella, en charge des visites du site. Equipé·e·s de gilets et de casques de sécurité, nous apprenons que le site gère environ 300 000 tonnes de déchets par an, dont 50 000 tonnes de recyclables. Puis, installé·e·s devant un écran, 2 vidéos nous sont proposées pour découvrir le fonctionnement de « l’Unité de Valorisation Énergétique », puis du Centre de « tri-dimension ». 

Des découvertes en images


La première vidéo nous permet de comprendre ce que deviennent les déchets ménagers de nos poubelles noires, selon un schéma bien particulier. 
En bref : les détritus de la fosse de réception sont contrôlés (afin de limiter la présence de déchets non-appropriés types encombrants), puis emmenés vers le four. De cette incinération ressort d’un côté le machefers (un matériau qui pourra par exemple être réutilisé en sous-couche routière ou remblais), et de l’autre, un certain nombre de résidus, de cendres, qui sont filtré·e·s et stocké·e·s, enfoui·e·s, pour être isolé·e·s de l’environnement et limiter leur impact nocif sur ce dernier
Côté chiffres : 
5 équipes de 4 personnes se relaient en 3x8 pour faire fonctionner cette unité en non-stop, car le four n’est jamais éteint (ou très rarement)
1 tonne de déchets = 250kg de machefers et 22 kg de résidus (stockés et enfouis)
 
La vidéo suivante nous emmène dans le Centre de Tri. On y découvre que les déchets de nos poubelles jaunes sont triés par typologies, grâce à des technologies propres à chaque machine. On apprend ainsi que les bouteilles en plastiques sont séparées des canettes en alu, du papier, du carton, des boîtes de conserves, des emballages de nos produits alimentaires (hors barquettes en plastiques ou pots de yaourts par exemple, à ce jour non pris en charge par Astria). Toutes ces catégories de produits sont gérées individuellement, compactées, afin d’être réorientées vers des entreprises qui les utiliseront comme matières premières.
Côté chiffes : 
60 salarié·e·s travaillent au contact de ces déchets
50mm : c’est la taille mini d’un déchet pour qu’il puisse être recyclé. Ne déchirez ni pliez vos papiers, cartons, bouteilles, canettes !
17% de refus de tri par an, un chiffre en augmentation ces dernières années (déchets non recyclables, renvoyés au centre d’incinération)

La visite


Un parcours sur les deux zones de traitement des déchets nous a permis de découvrir chaque étape, voir le fonctionnement des machines, du four d’incinération, de voir les différences dans les étapes de tri, la séparation de types de déchets et d’observer les équipes en plein travail. Nous avons également pu observer les blocs de déchets triés, stockés, prêts à être récupérés par des sociétés externes pour leur recyclage et leur réutilisation. L’ampleur de ce lieu, la taille des machines, les quantités titanesques de déchets, prennent tout leur sens lorsqu’on y a accès de ses propres yeux. 
 
Les participant·e·s ont bien-sûr pu poser toutes leurs questions à notre hôtesse du jour, qui a elle-même insistée sur la nécessité et la responsabilité de chaque citoyen quant au tri qu’il effectue, à son domicile comme au travail, mais surtout, sur la réduction de la production de ses déchets. La technologie de recyclage n’est qu’une alternative pour les valoriser, et ils se retrouveront à nouveau dans les poubelles sous une nouvelle forme. La chaîne de recyclage possède ses limites.

Les expériences et témoignages des participants


Anaelle de chez L’Alternative, structure participant au Défi, nous parle de cette découverte : 
« Cette visite nous permet d’ouvrir les yeux sur la réalité de notre consommation et de nos comportements face à nos déchets. Chacun·e d’entre nous peut faire quelque chose, pour des raisons écologiques (diminuer notre consommation superflue, privilégier une conso locale et artisanale, privilégier les contenants réutilisables, trier, réutiliser, récupérer) mais aussi humaines car ce sont bien des femmes et des hommes qui font face à nos déchets souillés et parfois néfastes (ampoules, piles, seringues) qui ont leur propre parcours de recyclage. Le pire étant d’apprendre que la plupart des employé·e·s ont adoptés des bébés chats, jetés dans les poubelles et retrouvés sur les tapis de tri. Un petit investissement de chacun dans son quotidien sera bénéfique aux autres comme à la planète. »
 
Maxime, Service Civique chez Ekolo[geek] : 
« Le tri, c’est comme un pansement sur une plaie ouverte ».
 
Nota Bene : Plusieurs structures ont souhaitées organiser des visites en interne avec les collaborateurs afin de faire bénéficier de ces connaissances au plus grand nombre. Déclencher une prise de conscience, c’est une étape importante dans son parcours vers le zéro déchet !

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