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Visite : Elise Atlantique & Les Détritivores

1 mars 2019

Elise Atlantique

Dans le cadre du défi Zéro Déchet des Pros, le groupe de participant·e·s a été invité à visiter le site d'Elise Atlantique. Ses locaux, situés pour le moment sur les quais de Brazza, devraient être déplacés vers de nouveaux locaux prochainement, dans le cadre du réaménagement des quais.

Elise, mais qu'est ce que c'est ?
Elise (Entreprise Locale d’Initiative au Service de l’Environnement) est une entreprise fondée en 1997 dans le nord de la France et dont la franchise bordelaise a été créé en 2012. Sa volonté est de conjuguer protection de l'environnement et création d'emplois solidaires. Elle propose ainsi des emplois pérennes à des personnes en situation d'handicap essentiellement. Les temps de travail leur étant adaptés.

« Depuis sa création, ELISE atlantique s’efforce d’apporter une réponse innovante à des enjeux économiques, environnementaux et sociaux de plus en plus imbriqués sur notre territoire aquitain. Nos équipes se font le relais au quotidien de cette dynamique en acceptant d’expérimenter une nouvelle manière de conduire l’entreprise » Fréderic Petit.

Plus de 800 entreprises font appel à eux pour collecter et recycler leurs déchets de bureau. Elise met, pour cela, à disposition de ses clients, des containers type poubelles de tri, en fonction du flux qui sera traité : papier, gobelets plastiques, carton, bouteilles plastiques, canettes de soda, cartouches d'encre, piles, ampoules, cartes bancaires, chéquiers... Sa principale activité étant le tri et sur-tri du papier, carton et gobelets plastiques, les autres flux sont envoyés à des sociétés annexes pour leur traitement.


Tri et sur-tri ?
Après une collecte des déchets auprès des entreprises, les différents flux sont entreposés pour être traités. Les sacs contenant le papier et les gobelets plastiques sont ensuite acheminés dans leur zone respective afin que les salarié·e·s commencent un premier tri. 
Pour le papier, plusieurs bennes sont utilisées afin séparer impressions noir et blanc, impressions couleurs et feuilles de couleurs, papier journal, carton et autres déchets qui se seraient retrouvés dans la mauvaise poubelle (emballage, touillette de café...). Sur un autre espace de travail, 3 employé·e·s trient ensuite à nouveau, plus en détail le papier, séparant les impressions couleurs, des noir et blanc. C'est ce qu'on appelle le sur-tri.
Une fois ce travail fait, cette matière première est envoyée dans des usines, pour être à nouveau transformée en papier. Le noir et blanc sera utilisé pour fabriquer du papier de bonne ou très bonne qualité, quand les papiers avec couleurs sera destiné à du papier de qualité moyenne ou carton.
Sans ce tri et sur-tri, le tout serait traité ensemble, et recyclé en papier de qualité moyenne, par défaut.
Une autre des problématiques déchets de bureau gérée par Elise est le gobelet plastique. 
Il en existe 2 types : ceux pour les boissons chaudes et les boissons froides. Ces derniers, pressés, ne cassent pas et reprennent leur quasi forme initiale, alors qu'on observe une casse systématique des gobelets à usage boissons chaudes. Cette observation très simple permet d'affirmer qu'ils ne sont pas fait du même plastique et ne pourront donc pas être recyclés de la même manière. D'où l'importance de les différencier.



Aujourd'hui, peu d'entreprises prennent en charge le recyclage des gobelets car cette activité est peu rentable. C'est un challenge qu'Elise a souhaité relever car synonyme d'acquisition de nouvelles compétences, de création d'emplois mais surtout, de diversification de leur activité. C'est un enjeu majeur qui permet d'anticiper la baisse de production de papier (à l'heure du numérique) et donc pérenniser l'entreprise sur le long terme.
Pour la gestion très spécifique de ces plastiques, une machine a été créée sur-mesure : elle les transforme en paillettes, les lave puis les sèche. Les paillettes sont ensuite envoyées aux usines de plasturgie afin d'être recyclées. Le recyclage des gobelets passe donc par leur transformation en paillettes différenciées. Sans ce tri et sur-tri, les gobelets, dans les chaînes de tri classique, iraient à l'incinération.

Et pour les documents confidentiels ?
Lorsqu'une entreprise a besoin de détruire des documents confidentiels, ceux-ci ne peuvent être mélangés et traités avec les autres papiers. Elise possède donc un service complet et ultra sécurisé permettant la collecte et le tri de ces éléments dirigés dans une zone protégée, gérée par un seul employé (présent depuis l'ouverture d'Elise à Bordeaux) qui doit détruire, dans les 48h, tous ces documents. Le papier y est broyé/déchiqueté par une machine adaptée.

Nouveaux projet :
Depuis quelques mois, Elise s'est aussi lancée dans la récolte des cintres en plastique à usage unique. Aujourd'hui, c'est un objet qui n'est pas recyclé car il nécessite beaucoup de ressources humaines et non mécaniques. En effet, il faut séparer les parties métalliques (crochets), des parties plastiques, avant que les matériaux puissent être traités. Elise est une des seules entreprises à avoir l'infrastructure et le personnel nécessaires à ce travail.

Les détritivores Bordeaux

Suite à la visite d'Elise Atlantique, le groupe a poursuivi ses découvertes, sur le même site, chez l'association des Détritivores.


« Le compostage des déchets organiques issus de la restauration, des cantines scolaires et des petits commerces de proximité est une pratique qui demeure très marginale à Bordeaux comme ailleurs ».

C'est en partant de ce constat, que DARWIN-ZAUÉ, ACTES et COMPOST IN-SITU ont décidé en 2015 de s’associer pour créer « LES DETRITIVORES ».
Cette association a pour objectif de collecter et composter les déchets organiques à l’échelle de la métropole bordelaise et s’appuie sur deux axes principaux :
  • L’écologie : remédier au gâchis d’une ressource pour la fertilisation des sols dont le traitement actuel par enfouissement ou incinération constitue non seulement un contresens écologique mais également un poste de dépenses considérable.
  • L’innovation sociale : création d’emploi pour les personnes en difficultés sociale et/ou en situation de handicap.

A l'origine du projet, Les Détritivores étaient situés sur le site de DARWIN, qu'ils ont quitté en avril 2018 pour s'installer près d'Elise Atlantique. Aujourd'hui une soixante-dizaine de restaurateurs/cantines participent au projet et au tri de leurs déchets organiques.
En pratique, une fois les collectes effectuées, les détritus organiques sont entreposés dans une première aire de compostage, mélangés régulièrement avec des gros copeaux de bois, et ce pendant 4 mois. A l'issue de cette période, ce compost 100% naturel, sans intrant chimique ni additif est déjà prêt et mis à disposition des jardiniers urbains et adhérent·e·s de l'association (cotisation de 25€).

Nous ne pouvons qu'encourager cette association qui œuvre pour une utilisation raisonnable des ressources naturelles, lutte contre le gaspillage alimentaire et contribue à la diminution des émission de CO2. Une initiative écolo et sociale qui ne peut qu'inciter les organisations privées et publiques à renforcer leur engagement RSE (Responsabilité sociétale des entreprises).

Merci à Mélanie de la structure JHAS (Jeunesse Habitat Solidaire) pour la rédaction de cet article !

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